Lexique - B - Barye Antoine Louis

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Barye Antoine Louis
Sculpteur et peintre français (Paris 1796 - id. 1875). Fils d'un orfèvre, Barye pratique la ciselure dès l'âge de treize ans. Il suit à l'École des beaux-arts les cours du sculpteur François Joseph Bosio, puis ceux du baron Antoine Gros, mais se présente sans succès, à deux reprises (1819 et 1820), au prix de Rome de sculpture. Attiré par la zoologie, doué d'un sens aigu de l'observation, c'est au Jardin des Plantes, comme Delacroix, qu'il dessinera le plus fréquemment. L'animal, domestique ou sauvage, familier ou exotique, restera toujours son sujet de prédilection.
Au Salon de 1831, Barye présente un plâtre, Tigre dévorant un gavial, pour lequel il obtient une seconde médaille (bronze, 1832, musée du Louvre). Son Lion au serpent exposé en plâtre au Salon de 1833 est une des ses oeuvres les plus justement célèbres (bronze, 1835, musée du Louvre). Mais, trois ans plus tard, le jury refuse son Lion au repos. Barye choisit alors de ne plus exposer au Salon jusqu'en 1850, date à laquelle son Thésée et le Centaure (musée du Puy) lui vaudra de grands éloges. Soutenu par sa parfaite connaissance de l'anatomie animale, Barye parvient à offrir de chacun de ses modèles une image vigoureusement expressive. Il montre une éloquence particulière dans les scènes d'affrontement, les épisodes de mise à mort, où chacun des protagonistes lutte pour sa survie : Éléphant écrasant un tigre, Jaguar tenant un caïman, Crocodile dévorant une antilope. C'est dans l'ordre de la nature qu'il revit les combats des dieux et des hommes, conférant une dimension réellement mythique à ses grands fauves, par la noblesse de sa vision, qui est celle d'un maître de la sculpture romantique. Ses compositions ornementales, ses groupes participeront de ce génie épique. En 1854, seront enfin acceptées ses quatre esquisses pour les façades des pavillons Denon et Richelieu du Louvre : La Force, L'Ordre, La Guerre et La Paix. En 1865, il réalise pour la ville d'Ajaccio le Monument à Napoléon et à ses frères.
Barye a laissé de nombreux dessins, études et gouaches, et une centaine de tableaux, dont l'essentiel est constitué par des paysages de la forêt de Fontainebleau dans lesquels se retrouvent les animaux qu'il a le plus aimés (Lions près de leur antre, musée du Louvre).