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Peinture à l'huile
L'Occident met au point une forme, le tableau, qu'il va développer jusqu'à ses plus grands raffinements.
L'invention de la peinture à l'huile est un événement capital. Vasari l'attribue à Jan Van Eyck. S'il existe une part de légende dans cette reconnaissance puisque les artistes utilisaient l'huile auparavant, Van Eyck marque bien le moment où cette invention se cristallise et se diffuse. Les supports sont encore divers : le bois, le cuivre puis la toile tendue sur châssis qui se généralise. La plus ancienne peinture sur toile date de 1454 (Sainte Euphémie d'Andrea Mantegna).
Les pigments sont mêlés à l'huile. Les propriétés de ce nouveau mélange donnent plus de souplesse de précision, et permettent de superposer, en ménageant des temps de séchage, de fines couches transparentes (les glacis) qui permettent de moduler les ombres (clair-obscur), de superposer au ton local la couleur d'un reflet, de créer des effets de perspective atmosphérique en atténuant les lointains, et d'adoucir les contours des volumes (sfumato).
La touche est la façon dont l'artiste appose la couleur. La couche reste lisse chez les peintres qui, selon la doctrine de Léonard de Vinci, estiment qu'ils ne doivent pas montrer des traces de leur travail. Les coups de pinceau sont plus heurtés chez ceux qui, à partir de Titien, pressentent que leur " écriture " propre possède une valeur stylistique. François Boucher et Ingres donnent à la surface de leur peinture une apparence de porcelaine ; en revanche, la pâte est granuleuse chez Jean-Baptiste Chardin. La virtuosité de Franz Hals est manifeste quand la pointe de son pinceau recompose l'illusion produite par une dentelle blanche (Les Régents de l'hospice de vieillards, 1664).
Les impressionnistes apposent la couleur en touches fractionnées. Les tons conservent leur luminosité grâce aux touches apposées en couleurs primaires, l'ombre n'est plus terne.
La touche de Van Gogh vibre ; le réel n'est plus cette surface unie, stable, solide ; elle devient ce monde animé fait d'impressions subjectives.

