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Sculpture baroque et classique
Face à la Réforme, qui provoque, partout où elle triomphe, une brutale régression de l'activité artis-tique, l'Église promeut une statutaire flamboyante, sensuelle et souvent théâtrale. L'oeuvre du Bernin, au XVIIe siècle, tient un rôle de premier plan dans la diffusion, dans toute l'Europe catholique et jusqu'en Amérique latine, d'une esthétique baroque qui se manifeste aussi bien en Espagne, avec des bois polychromes à l'expression pathétique (Alonso Cano) qu'en Allemagne du Sud, avec une production volontiers fantaisiste et débridée dans le baroque tardif (J. B. Zimmermann,Ignaz Günther).
Toutefois, l'idéal classique conserve d'ardents défen-seurs, notamment en France, en la personne de Louis XIV, qui y voit l'incarnation de sa volonté politique. L'Académie reçoit le monopole de l'enseignement et accueille de nombreux sculpteurs, qui prospèrent grâce aux commandes officielles (mais ce ne sera pas le cas de Puget). Décorateur des jardins de Versailles et de Marly, Coysevox est, comme François Girardon, l'auteur de bustes remarquables, genre dans lequel excelleront ensuite plusieurs générations de sculp-teurs français. Les fastes du Grand Siècle se prolongent durant tout le XVIIIe siècle, développant des orientations diverses qui, du maniérisme au réalisme le plus pur, respectent les lois majeures du classicisme et ne perdent jamais de vue l'exemple de l'Antiquité. Pigalle, Edme Bouchardon (dont la statue équestre de Louis XV sera détruite sous la Révolution) et surtout Houdon assurent alors la prépondérance de la sculpture française en Occident, Houdon résumant à lui seul toutes les tendances du siècle des Lumières. L'une de ses oeuvres, Diane chasseresse (marbre, 1780, Lisbonne, fondation Gulbenkian ; bronze 1790, Paris, musée du Louvre) fera sensation.

